Non, le Cheapster n’est pas une maque de chips pour apéritif qui croque sous la dent. Le Cheapster est le digne décendant du hipster. Encore une invention social-marketing ? Probablement.
Quid
Là où le hipster était au summum de la hype et du bon goût, malgré son look de clodo pourtant très travaillé, le cheapster porte bien son nom : il est cheap.
Le hipster faisait parti des groupes intellectuels de gauche et travaillait dans la com, le graphisme, bref,c ‘est un artiste désabusé qui exprimait par son style vestimentaire (en fait il a juste dépouillé le clochard du coin et il a mixé ces pièces rares avec les fringues que son papi lui a légué) une envie de non appartenance à la mouvance mainstream (lui a-t-on seulement dit que refuser d’appartenir à un groupe c’est appartenir à un autre et qu’au final les groupes d’appartenance se définissent surtout les uns par rapport aux autres ?).
Le cheapster, lui, c’est tout l’inverse : pas raffiné pour un sous, il fait l’apologie du cheap. Il adopte les codes comportementaux du beauf macho sans toutefois en avoir les idées. Il adore et assume la junkfood, faisant la joie des caisses de McDonalds. Il n’a que faire des brunches du dimanche, avalés lentement (pour l’impression d’en avoir plus) sur du lounge-jazz-house aussi indigeste que ce que vous avez dans votre assiette. Lui, il aime le gras, le qui tâche, et le cheap.
Bref, vous l’avez compris, le cheapster, c’est l’anti-hipster. Lui, il ne fera pas semblant d’aimer Taschen et Gestalten pour faire bien, il s’en fout du design, pire même, il aime le foot et le porno (oulalah) et il assume.
Les filles, ne vous inquiétez pas, le cheapster peut également être une cheapster : pourquoi les plaisirs simples du McDo bien gras et des matches de foot arrosés de bières ne seraient réservés qu’aux hommes ?
La tendance sociale
Hipster, cheapster et french toucher are the new punk, hippie and co.
Derrière ce phénomène passionnant de mecs à barbe plus ou moins fiers de leur air cradingue (c’est pour ça que les hipsters se cachent tous dans la com, ce métier où l’originalité et le négligé sont vus comme du génie – chez un VRP ça passe moins), se dessine une tendance marketing qui a toujours été là : le groupe d’appartenance.
L’anthropologie marketing et l’analyse ethnologique permettent de dessiner (et d’exploiter, c’est notre métier) des tendances sociales de fond.
Mixmag, média influent des musiques électroniques, avait défini avec humour les "nouvelles tribus" de la dance music : trap, new house, dubstep, tout y passe ! Et je suis là, je parle, mais moi aussi je suis dedans, je porte fièrement (et surtout inconsciemment), l’étendard du french toucher qui fume Marlboro Red sur Marlboro Red (peut-être dans l’espoir naïf de se noyer dans une évanscence de fumée comme Gesaffeltstein) et qui s’habille sobrement de nuances subtiles de noir. Ciblée, segmentée, c’est plié, me voilà happée par la musique consommée.
Tour cela est inconscient. Avant la lecture de cet article, je méprisais encore les gens qui s’habillent en hippie. Mais cela correspond, finalement, à leur tribu, dont ils adoptent les codes, mais pas toujours consciemment. Pour être reconnus par leurs pairs (ces fumeurs de joints qui écoutent trio en jouant de la gratte dans la cour de lycée).
Ce phénomène de tribus et de groupes d’appartenance est très fort chez les adolescents. Eux qui se construisent en opposition aux parents, vont aussi chercher à adopter les codes d’une tribu et se construire en opposition à une autre.
Les fans de Green Day sont contre les fans de Rihanna, et se jauger sur leurs looks et les produits qu’ils consomment. Puis ils grandiront et se rendrotn bien compte qui Rihanna et Green Day c’est la même merde, vendue par une industrie en quête d’oreilles fragiles et surtout de petits porte-monnaies prêts à acheter le moindre produit dérivé.
Dans les années 2000, l’émergence de la tektonik fait rage. Les fans de cette musique la danse, la vive, s’affrontent, et s’habillent comme s’ils se fournissaient auprès des services de sécurité routière. C’est une tribu visible, avec des codes, des valeurs…
On connaît tous aussi très bien la tribu Apple pour laquelle existe même un site de rencontre entre Macfags. Plus perplexe, il doit aussi probablement exister une tribu de fan de Windows.
Vous l’aurez compris, la tribu réunit des personnes n’appartenant pas forcément à la même classe sociale, n’habitant pas forcément au même endroit. Grâce aux forums et réseaux sociaux, les tribus peuvent se retrouver sur le net.
Le prisme de la tribu
Le marketing tribal répond directement à la pyramide des besoins de Monsieur Maslow, qu’on connaît tous très bien.
La tribu correspond en premier lieu au besoin d’appartenance. Chez l’ado, qui est en pleine phase de construction sociale et personnelle, des repères sont nécessaires. Sa tribu, c’est son point de repère, leur ressembler c’est lui permettre de se trouver. Les tribus adverses lui permettent aussi de se définir, à la négative, par ce qu’il n’est pas ou refuse d’être.
Plus tard, l’appartenance à une tribu peut correspondre à un besoin de réalisation : vivre en fonction de valeurs qui sont chères à l’individu.
La tribu exerce une forte pression sur l’acte d’achat. Un produit peut plaire à un consommateur mais si la tribu ne cautionne pas l’achat, il n’achètera pas, pour ne pas entrer en conflit avec son groupe.
L’enjeu, pour une marque, c’est de se poser comme une référence pour une tribu. C’est un réel choix stratégique : si on se positionne comme une marque de référence pour la tribu rock au lycée, il faut dire adieu à toutes les autres. L’idéal serait donc que les valeurs du produit correspondent aux valeurs de la tribu.
Si avec le Fordisme on découvrait une offre normalisée et unique, le marketing moderne tend de plus en plus vers la personnalisation.
Là où auparavant on chercher à uniformiser, il est devenu possible de personnaliser, customiser, et ceci à l’extrême, ce qui parfois peut aboutir à un produit unique. Sur ce créneau, NikeID, le service de personnalisation de Nike : sur la base d’un modèle de chaussures, le client pourra choisir les couleurs et les matériaux utiliser et même écrire son nom sur la languette de ses baskets.
MyEvian surfe sur la tendance de la bouteille personnalisée. Cela se fait déjà pour le champagne, notamment lors de grands évènements. Evian, suite à sa dernière campagne, décide de ne pas rester en reste. Naissances, mariages, nouvel an entre amis : Evian est l’eau de tous les moments de convialité. Si on savait l’eau positionnée sur le segment de la famille, elle tente une percée vers les groupes d’amis, dans une ambiance festive (un segment plutôt réservé à des eaux gazeuses).
La stratégie de personnalisation
Elle permet de fidéliser plus efficacement et de créer du lien. Or, il n’est plus à prouver qu’un client fidèle rapporte plus qu’un nouveau client. De plus, la personnalisation permet de faire de lui un client actif, engagé auprès de la marque. Désormais, la personnalisation fait rage dans tous les domaines : chez Apple (gravure sur les iPad, iPod mais aussi composition des Mac sur l’Apple Store en ligne), mais aussi chez Guerlain, qui propose la réalisation d’une fragrance unique pour ses clients.
Si Ford pensait que le marché était homogène, il avait tort : même si le produit de base est le même, l’utilisation et les besoins sont différents.
Nous connaissons tous WhatsApp, Viber, Kik… Toutes ces applications de communication instantanée qui fonctionnent grâce à un merveilleux outil : la 3g. Pas besoin d’avoir le numéro de téléphone de l’autre pour communiquer. Une alternative à la conversation privée proposée par les réseaux sociaux (MP Facebook ou DM Twitter).
Ce matin, sur Frenchweb, j’ai la surprise de découvrir un article sur Line, l’application japonaise. Ce qui me surprend, c’est que cet article arrive un peu tard. Cela doit faire facile plus d’un an que j’utilise Line, et je ne me contente pas d’utiliser son application de messagerie : Line Camera et Line Brush (un éditeur de photo plus intéressant qu’Instagram, un peu entre Aviary et Hipstamatic pour le premier et une application de dessin très poussée pour l’autre) viennent compléter une offre très japonisante.
En effet, le succès de Line réside dans ses fameux stickers, qui permettent, un peu comme les emoji, de communiquer par le visuel.
La petite application japonaise, développé par le Coréen Naver, forte de son succès en Asie, est déjà disponible dans 230 pays (dont la France) et va même tenter une percée aux Etats-Unis.
Pas forcément révolutionnaire, le concept de Line reste néanmoins très ludique. Sa particularité est que ce système a été pensé pour mobile, ce qui fait que son interface est particulièrement adaptée. Comme celle de Path, par exemple.
C’est le gros défaut actuellement de beaucoup d’applications sociales : issues de sites web, nombre de ces apps ne sont pas adaptées à un usage mobile. Les déboires de l’application FB en attestent : à vouloir recréer le web sur mobile, les applications sont souvent des usines à gaz.
Quelles opportunités pour le social media ?
Probablement aucune. Malgré son aspect social (avec la possibilité de créer un profil qui n’est pas sans rappeler l’interface du fameux Path dont les internets font leurs joies avec 18 mois de retard), il ne faut pas, comme certaines marques, à tout prix se lancer dès qu’une nouvelle application de communication débarque. Il faut réfléchir pourquoi on y va, se demander si notre cible s’y trouve (quid de ces marques qui se lancent sur Pinterest sans réfléchir), bref effectuer un travail de diagnostic. Le genre de truc qu’on nous fait faire en M2 et qu’on s’empresse d’oublier une fois sur le marché du travail, tellement on a envie de prouver que notre marque est hype et avoir tout plein d’abonnés. Ce qui n’est pas, rappelons-le, un but en soi.
Un petit spot pour bien commencer la semaine. Suchard, la marque de chocolat, nous livre un spot sexy, laissant deviner des formes féminines et se terminant par un jet de chocolat, non sans rappeler une autre forme de jet…
Un chocolat pour adulte ? C’est ce qu’affirme de spot.
La chanson qui l’accompagne, "love me, please love me" de Michel Polnareff ne laisse pas de doute quant aux intentions de Suchard : vous livrez de l’amour sous forme de rocher chocolaté. Un cumshot de chocolat donc, avant le traditionnel packshot qui nous présente la nouvelle gamme gourmande de la marque.
C’est Y&R Paris qui est responsable de cette campagne rated X mais tellement délicieuse.
Suchard semble poursuivre cette campagne légèrement provocante et affirme donc sa volonté de rester le chocolat des adultes…
L’arrivée en France des extensions .bzh et .paris font grand bruit.
On connaissait les extensions de nom de domaines spécialisées, comme le .xxx, réservée à l’industrie pornographique, ou en .me (qui donne lieu à de magnifiques dépôts de noms comme suck.me) ou plus simplement en .com (mondial) ou par pays (.fr, .se, etc.)
L’extension régionale, une nouveauté ?
Pas vraiment. En Espagne, la Catalogne (région connue pour ses volontés indépendantistes), a depuis bien longtemps sont extension en .cat). Et même en France, puisque l’Ile de la Réunion dispose de son extension .re. Dans ce cas, la demande de la Bretagne pour obtenir son .bzh est légitime.
Le Commonwealth, avec ses extensions en ".co." (comme .co.uk) affirmait, déjà une appartenance à une "région".
Quels enjeux ?
Désir indépendantiste ou tout simplement volonté d’affirmer sa fierté et son appartenance à une région ?
Si la demande émane de la Bretagne, ce n’est sûrement pas un hasard : cette région est connue pour sa forte identité, à laquelle elle tient. Des produits comme le Breizh Cola. La Bretagne, une marque forte à l’identité forte.
L’association porteuse du projet, www.bzh, en parle comme un outil de promotion exceptionnel pour la Bretagne.
Quelles opportunités ?
Pour le marketing territorial, c’est une opportunité : l’occasion d’affirmer fièrement son territoire sur internet, avec un nom de domaine estampillé "made in".
Pour les entreprises locales, cela peut être un bon moyen d’affirmer ce made in, justement, si cher à nos terroirs et qui fait la gloire de la production française.
Quels risques ?
Une identification trop marquée peut fermer des portes. Se segmenter, c’est bien, trop se segmenter, c’est se limiter à un marché tellement de niche qu’il ne permet pas de survivre. C’est pour cela qu’il me semble que cette extension est plus adaptée à des actions culturelles ou aux collectivités territoriales (pour en affirmer plus aisément la personnalité dans le cadre d’une stratégie de marque territoriale) qu’aux PME dont la portée est déjà moindre et pour qui ce type de décisions relève d’un choix stratégique fort.
Au-delà du délire indépendantiste, on peut soulever un autre problème, plus simple et moins politique : à force de multiplier les extensions, ne finiront-elles pas par perdre leur sens ?
La musique pour les masses doit-elle nécessairement être de la soupe indigeste ?
Est-il possible que la masse mondiale ait tellement mauvais goût qu’elle aime réellement s’infliger du Keen’V et du Moussier Tombola, ou simplement du Bruno Mars (fin imitateur de Sting et consorts) ?
Si vous connaissez un peu mes goûts, vous allez penser "on est pas tous obligé d’écouter de la techno dès potron-minet et de s’achever à la minimale le soir, et de chiller un peu sur de l’ambient en journée".
Je suis bien d’accord, et là n’est pas mon propos. On peut écouter autre chose que de la merde, malgré tout.
La merde n’étant pas identifiée comme un genre musical plus qu’un autre (il existe aussi de la musique de merde dans les musiques électroniques que j’aime tant, malheureusement), mais plutôt comme ce que l’on vous sert copieusement chaque jour dans les médias de masse et que vous consommez bon gré, et bien souvent je l’espère, mal gré.
Réfléchissez un peu. Si en vous levant vous ne vous branchiez pas automatiquement D17, ou si au lieu de la programmation qui oscille entre Zaz et Zaho on vous diffusait une musique hautement plus qualitative, si au McDo on ne vous infligeait pas NRJ (avec son lot de Keen’V mais aussi de David Guetta et compagnie), écouteriez-vous, de vous-mêmes, ces titres ? Iriez-vous les chercher, volontairement ?
Je parie que pour beaucoup de vous (et je l’espère de tout mon coeur), la réponse serait non.
Il se trouve que l’industrie musicale porte bien son nom. Industrie. Pour travailler dans le marketing, je peux vous dire que dès qu’il y a industrie, il y a souvent aseptisation de l’offre et normalisation des goûts. Mais pourquoi niveler aussi bas ? Cela ne vous révolte pas que cette industrie mainstream que vous consommez vous prennent pour des cons ? Des gens sans goût ?
Comme le dit Franpi : "L’industrie musciale n’est pas la musique, c’est son pire fossoyeur."
Les audiophiles font eux-mêmes cette recherche de qualité et de nouveauté. Mais en ce qui concerne le grand public, consommateur souvent passif, c’est l’industrie qui se charge de lui livrer à manger. Et au lieu d’un met raffiné, c’est l’équivalent d’un kebab bien gras et surtout périmé, un peu comme ceux que l’on sert rue Beauvoisine à Rouen, qui est déversé dans vos conduits auditifs. Pourquoi considérer que la merde se vend mieux que le reste ? Pourquoi considérer que la merde qui se vend est mieux que le reste ? D’ailleurs, est-ce que ça se vend, finalement ?
Une musique populaire doit-elle être obligatoirement merdique pour plaire ?
Je vous rassure, la réponse est non. Non, et non. Même si beaucoup d’artistes de qualité ont perdu (merci l’industrie) cette qualité au fil du succès (C2C, c’est pour toi), il est des groupes qui prouvent que le succès et plaire à la masse, ça n’engage pas toujours une musique appauvrie par le désir de plaire.
C2C avant :
C2C maintenant :
Si des groupes comme U2, Muse, Placebo ou encore Indochine se sont fourvoyés en s’adaptant à ce que le marché pouvait vouloir, il existe de belles exceptions. Depeche Mode, par exemple, qui n’a eu de cesse de grandir et de mûrir à chaque album, malgré quelques passages à vide. Pour preuve, leur dernier album, Delta Machine, qui se nourrit des expériences en solo de Gahan et Gore, pour offrir un Depeche Mode plus mûr, plus fort aussi. La musique est un parfait mariage entre le blues, cher à Gore et la techno, certaines sonorités n’étant pas sans rappeler The Hacker et bien sûr, VCMG, le projet de Gore et Clarke, à qui l’on doit Depeche Mode.
Justice, aussi, a su proposer un second album bien meilleur que le premier, déjà excellent (si on oublie les taches que sont "DANCE" et "We are your friends"), malgré le succès. Ne jamais céder à la facilité de faire de la merde et d’offrir à un public ce qu’il pense vouloir.
S’adapter, c’est aussi penser que le public a de mauvais goûts, et que si on ne s’abaisse pas à ça, ils n’écouteront pas. C’est faux. Je suis persuadée que TOUT le public ne peut pas avoir mauvais goût. Pas à ce point-là, en tout cas. C’est l’industrie qui choisit ce qu’elle pense être bon. Elle nivelle vers le bas. Muse, avant de faire du dubstep/Rihanna, avait une crédibilité musicale et un public acquis, qui n’aurait pas abandonné le groupe avec un album qui serait resté dans la lignée ce qu’a toujours offert le groupe. Même si les délires à la Freddy Mercury de Bellamy laissent perplexe, jusqu’à The Resistance, c’était écoutable, et on y prenait même plaisir, parfois.
On ne peut pas parler de musique de masses sans parler de Daft Punk. Je sais, ça soûle tout le monde, on a tous envie de vomir à cause de cette communication ratée (ne venez pas dire le contraire à nous autres les gens qui bossent dans la com, aussi bizarre que ça puisse paraitre, on connait notre métier) malgré un buzz certain et indéniable. Car oui le buzz est bien souvent indépendant de la stratégie de communication. S’il peut être orchestré, comme nous l’ont prouvé Fred et Farid avec leur blague sur l’arrêt des blagues Carambar, il peut bien souvent partir du public, qui relaie, s’offusque, partage, crie au scandale sur les réseaux sociaux. Par exemple, la campagne désastreuse de Cuisinella, morbide au possible, qui a engendré un bad buzz non désiré et mal maîtrisé.
Daft Punk, pour le commun du public (qui se prétend fan), c’est quoi ?
"One More Time", bien sûr, et si la personne en face de vous a vécu les années 90, elle a dû vaguement entendre la version courte de "Around The World". C’est aussi les "pionniers de la musique électronique". Ah bon ? C’est vrai, ils ont inventé le sampling, pardon, et aussi la techno. En fait non. Les pionniers de la musique électroniques française ? Non plus, désolée de vous dire que la musique des clubs européens n’a pas attendu 1994 pour exister.
Si Homework, souvent le moins connu et le moins apprécié de ce public de "vrais fans", est un véritable bijou, on peut finalement considérer que Daft Punk, malgré sa capacité à jouer de la versatilité, passant des sons les plus techno à une pale imitation de Kraftwerk (oui, avant Human After All, il y a eu The Man Machine) en passant par le pas si dégueu Discovery, le groupe s’est perdu dans ce que l’on peut nommer l’industrie moderne. Une communication ratée, des teasers à en épuiser les fans et les autres, à en perdre certaines radios et médias. On dirait que Daft Punk a mal passé le cap des naughties. Avec cet album qui s’annonce passéiste, dont je n’attaque pas la qualité spécialement (ne l’ayant pas écouté, cela semble compromis), même si j’avoue m’en battre les steaks, comme le disent poliment les adulscents du 27 et d’ailleurs, parce que oui, la disco-funk c’est pas trop, trop mon truc, Daft Punk a bien démontré que sa musique s’inscrit clairement dans une veine "for the masses". Pas forcément volontairement, ce sont juste devenus des mastodontes de la culture musicale mondiale et c’est tant mieux pour eux. Quand on parlera d’électro, on se souviendra d’eux comme on se souvient de Michael Jackson en Roi de la pop. Mais on est en droit de se demander où sont passées la qualité et la créativité des albums Homework et Discovery, différents en tous points mais dont la qualité est très peu discutable ? Est-ce que le peu que l’on a eu de RAM vaut vraiment cette excitation ? Mais bon, j’ai pas trop le droit d’en dire, je ne veux pas me faire frapper par la police du bon goût qui zone sur les réseaux sociaux.
Donc, avec Daft Punk, on peut également voir que succès ne rime pas forcément avec bouse intersidérale, parce que (et je ne parle pas pour RAM, que je n’ai pas encore écouté, je ne travaille pas chez Kombini :s ) globalement, même si c’est de moins en moins mon style, le travail reste bon.
Ce que je nomme le daftpunkgate est aussi révélateur d’une triste réalité : réduire un style musical à ses plus grosses stars, qui ne sont souvent pas les meilleurs dans leur domaine. Mais ce sont bien eux qu’on retient.
Cette musique pour les masses qui semble sortir de nulle part : quid.
Côté artiste, il y a les talentueux et les opportunistes. Côté public, il y a les puristes et ceux qui prennent le train en route. Mais qui sont ces phénomènes / révélations de l’année / révolutions musicales dont la presse qui n’y connaît rien se gargarisent et que les puristes du bon goût aiment puis détestent, ou aiment à détester ?
Qu’ils se nomment Asaf Avidan, Fauve ou encore Woodkid, ces petits loulous ont un point en commun : ce sont des révélations assez soudaines de ces derniers mois, du moins pour la masse. Il y a aussi ces gens qui sortent d’internet. Il y a les vraies fausses révélations des majors, et des catastrophes musicales que l’on doit à MyMajorComapny (qui n’a pas fait que révéler de la merde, je vous rassure), il y a les gens de la téléréalité qui font le buzz avec une barrette dans les cheveux et qui vulgarisent le ukulélé.
Fauve, l’indigeste dont le succès m’échappe :
Asaf Avidan, enfin révélé en Europe :
Si certains ont une bien belle carrière derrière eux avant de percer, force est de constater que, bien souvent, beaucoup ne sont que des récupérations médiatiques, au-delà de leur talent, quand ils en ont. Et ils finissent par devenir, bien souvent malgré eux, le cliché de la musique qu’ils portent, leur propre cliché même.
On se demande souvent : "mais il sort d’où celui-ci encore ??". Télé-réalité, tremplin rock, mymajorcompany… Il y a de quoi s’y perdre. Si avec les système collaboratifs sur le net, le succès semble légitimé par le soutien financier des fans, pour ce qui est de beaucoup d’autres canaux, la question se pose. Pourquoi telle personne plus qu’une autre ? Talent, piston, intérêts à défendre pour une maison de disques ?
La musique populaire, cette BO publicitaire
Comme Franpi, encore, le souligne dans son article, une grande partie de la musique populaire ou vulgarisée (comme c’est le cas pour de grands air classiques ou d’opéra…) se retrouve limitée à cette fonction d’habillage publicitaire. Encore une fois, pour travailler dans ce domaine, et en tant que grande fan de musique, je me permets de confirmer ce fait. S’il y a en effet des artistes qui sont retenus car la musique correspond à la cible (cf. Gesaffelstein et son "Viol" qui habille élégamment les spots de Givenchy et de Citroën, Depeche Mode et son "People Are People" qui illustre parfaitement la volonté de Volkswagen de cibler une population précise tout en jouant sur la relation du groupe à l’Allemagne et en se payant Dave Gahan en personne), il est des musiciens que l’on sent condamnés à la publicité, voir à la bande originale de Tellement Vrai. Beaucoup d’électro (souvent de merde), peut-être pour faire jeune, pas mal de musique folk moderne, parfois même des participations d’artistes dans des pubs, pour créer, sans doute, du lien et de l’identification chez le consommateur potentiel.
Gesaffelstein x La Pub, un duo gagnant et probant de segmentation-ciblage-positionnement :
Depeche Mode, un ciblage plus que parfait :
On place aussi souvent des musiques qui "parlent" à tout le monde, comme l’introduction de "Someone like you" pour narrer les mésaventures mélodramatiques de Kévin du Nord-Pas-De-Calais dans des émissions TV.
D’ailleurs, je lance ici un appel : les gens de la pub, vous savez qu’il n’y a pas que C2C sur Terre, donc on arrête, SVP.
La musique populaire, ce désastre culturel
Sous prétexte que cela doit plaire à tout le monde, la musique finit par ne plus plaire à personne. Y-a-t-il vraiment des amateurs des Magic Systems et des produits des télé-crochets, qui ne sont finalement bien souvent que des artistes de "visual" (un look pour le style représenté, mais la même soupe pour tout le monde) ? Existe-il encore des gens qui pensent que Good Charlotte et Green Day sont punk et qu’ils portent autant qu’ils représentent cette culture ?
Bref, sous prétexte de faire une offre globale pour un marché mondial, la musique est aussi fade que les poèmes d’une fan d’Indochine en pleine montée d’hormones. Tout finit par se ressembler, et bien sûr, on nivelle bien bas, tellement que sur les terminaux mobiles, .mp3 est référencé comme un genre musical. Un genre sans qualité, sans goût, un truc tout juste audible pour masquer le silence pesant et créer un lien social autour de ce manque cruel de références.
"- Hey tu fais de la musique ? Tu joues quoi ?
- Du .mp3, cette daube à cheval entre le rock, le dub, le rap, la pop, qui sous prétexte de plaire à tout le monde ne ressemble plus à rien et dont la qualité d’enregistrement et d’exportation est tellement basse que c’en est finalement inaudible."
Puisque ce soir Gulli, la chaîne des enfants mais surtout des nostalgiques des dessins animés de leur enfance, rediffuse ce soir "Sabrina, l’apprentie sorcière", il est temps pour nous tous de prendre notre De Lorean volante et de repartir tout droit dans cette décennie fabuleuse que sont LES ANNÉES 90.
Dans les années 90, j’avais entre 0 et 10 ans. Fin de génération Y, enfance bercée entre les séries TV, KD2A, Pokémon, la Game Boy Color, Zelda, le CÂBLE POUR S’ÉCHANGER DES POKÉMONS (pas de wifi sur les consoles portables à l’époque), les compact disc, le single à 37 francs qu’on négociait si on avait été sage / avait eu une bonne note, le baladeur CD qu’on emmenait en cachette en cours, Beverly Hills – bien avant 90 120 -, les fringues mal assorties (parce que dans les années 90, on était beaucoup moins swag que les enfants des années 2010).
Les années 90 ne sont pas terminées, loin de là. Des groupes comme WE ARE THE 90S ou les tendances à la consommation nostalgiques nous conforte dans le fait que non, la Génération Y n’a pas dit son dernier mot.
Internet Explorer, à défaut d’être un bon produit, a réalisé une campagne pour nous, les enfants des années 90 :
Pokémon, la série animée de mon enfance, un véritable coup de coeur… qui dure toujours !
Alliage, un boys band parmi tant d’autres…
Les Spice Girls, emblème des fléaux musicaux des années 90, et désormais cultes :
Les années 90, un long moment de solitude pour les séries françaises et le stylisme :